بالأجنبي

Ne perdons pas les pédales !

Nadine Sayegh-Paris

 Que de plus simple que de profiter de ces circonstances de la covid pour ”installer une culture du vélo”. Ce sport tellement bénéfique pour la santé, la nature et la liberté, réservé d’antan à la bourgeoisie et inventé tout simplement suite à une éruption volcanique !

Eh oui, fruit d’un siècle d’innovations. Et que dire de la langue de Molière qui lui a rendu bien des honneurs : avoir la tête dans le guidon, péter un câble, perdre les pédales, avoir un coup de pompe ou même pédaler dans la choucroute. Pour n’en citer que quelques-unes !

1816 : Une terrible éruption volcanique en Indonésie entraîne de mauvaises récoltes et des famines dans le monde entier, ce qui conduit à l’abattage massif de chevaux. Ainsi la première bicyclette voit le jour en 1817 en Allemagne, par le baron Karl von Drais.

A cette époque, Drais réfléchit à une alternative à la calèche à chevaux et invente ce premier deux-roues, qui sera la 1ère machine à courir sans pédales. L’engin séduit mais il est peu maniable, fatigue les jambes et pèse près de 25 kilos. Il tombe vite en désuétude !

Comme le souligne l’économiste Frédéric Héran : “On est en pleine révolution industrielle et on cherche depuis déjà plusieurs décennies à alléger les modes de transport. Un carrosse, ça fait 3 tonnes, il faut 2 ou 4 chevaux pour le tirer. Et c’est dans ce contexte que l’idée de tenir en équilibre sur deux roues grâce au mouvement, apparaît crédible ».

En 1861, On amène une draisienne cassée dans l’atelier de Pierre Michaux, un charron parisien. Il a l’idée d’ajouter deux pédales à la roue avant et le vélocipède est né. Ainsi dès 1865, la michaudine est produite par centaines. Et Frédéric Héran rajoute : “C’est l’objet manufacturé le plus complexe de l’époque qui connaît un grand succès auprès de l’aristocratie, avec la machine à coudre et la machine à vapeur”.

Cependant, c’est le mouvement des jambes qui transmet la rotation aux roues au prix d’un grand effort !  Alors, il reste utilisé exclusivement par les hommes, amateurs de vitesse et de promenade.

Frédéric Héran rajoute : “La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, seuls grands pays avec d’importantes capacités industrielles, vont améliorer progressivement le vélo, et, il va y avoir une trentaine d’années de concurrence effrénée pour mettre au point le vélo moderne à coup de centaines de brevets déposés.”  Comme l’augmentation prodigieuse de la taille de la roue avant, pour aller plus vite.

Son histoire reste un comte en dents de scie. Dès la fin du XIX siècle, le coût du vélo est réduit par 10, concurrence oblige ! Alors il devient un moyen de locomotion populaire jusqu’à ce que la voiture se démocratise, pour revenir en force après les années 80 : “C’est l’invention du pneumatique, qui rend beaucoup plus confortable le vélo, surtout dans un contexte de voiries dans un état souvent assez médiocre avec des pavés, des trous, des ornières” selon Frédéric Héran.

Alors, rendons hommage à ce premier moyen de transport à propulsion humaine symbole de progrès, de divertissement, de liberté et surtout grand ami de l’écologie et de notre santé !

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