Tu me prêtes ton calame !
Nadine Sayegh-Paris
D’origine latine, le calamus est ce roseau taillé en pointe dont on se sert pour l’écriture, à sec sur les tablettes d’argile ou trempé dans l’encre pour le papyrus, les parchemins ou le papier.
Les calames sont taillés dans la partie supérieure de roseaux provenant de roselières des pays tropicaux et sont de couleur variable selon le type de roseau utilisé. Avant usage, chaque partie de ce dernier est séchée et maintenue à une température constante, le temps qu’elle perde les eaux et se durcisse.
D’ailleurs, c’est cette même technique qui a donné à l’écriture cunéiforme sa forme caractéristique, répandue dans l’Orient des anciens mésopotamiens : sumériens, akkadiens, babyloniens et assyriens.
La manière de tailler les roseaux détermine la forme des signes qu’ils vont produire. Une fois l’extrémité obtenue, elle est ensuite ajustée en fonction de la largeur du bec souhaitée. Bout arrondi ou taillé en biseau.
Le calame s’utilise un peu à la manière d’un porteplume et d’un encrier car cet outil issu d’un élément naturel, ne présente pas, de par sa nature, de réservoir, il est donc nécessaire de tremper régulièrement sa pointe dans l’encre choisie.
Grâce au calame, l’écriture s’est propagée et a servi à apprendre le babylonien, cette langue internationale de l’époque qui a été adoptée dans tout le Proche Orient, de l’Egypte à l’Anatolie, de Chypre à l’Iran. Et bien qu’en arabe moderne ‘qalam’ signifie crayon ou stylo, aujourd’hui encore, l’art de la calligraphie n’utilise que le calame pour se développer, comme d’antan !
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