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Un réveil matinal, aux flûtes ou à la sarbacane ?

Un réveil matinal, aux flûtes ou à la sarbacane ?

Nadine Sayegh-Paris

Le réveil est ce moment de la journée tant haï et conspué mais le plus indispensable à notre quotidien pour arriver à l’heure au travail, à l’école ou à un quelconque rendez-vous. De Platon au réveil digital en passant par les guetteurs et les knockers, le réveil matinal a subi bien des changements.

Selon la légende, 400 ans avant notre ère, Platon invente le tout premier réveil. Une horloge hydraulique avec des flûtes qui sonnent toutes les heures. Faute d’expansion, elle n’a été bénéfique que pour le propre usage de l’inventeur !

Ainsi, la campagne a gardé son réveil traditionnel aux chants du coq et les villes ont inventé le ‘guetteur’. Cette personne qui se charge de réveiller la communauté et de sonner les grands moments de la journée : de l’ouverture des portes de la ville aux jours de marché et jusqu’à l’extinction des feux le soir. De plus, dans ce monde de jadis, beaucoup plus calme et moins vrombissant qu’aujourd’hui, le son des cloches résonne assez fort pour réveiller tout le monde.

Plus tard, vers la fin du XIIIe siècle, avec l’invention de l’horlogerie mécanique, les guetteurs se trouvent les premiers à s’équiper d’horloges à sonnerie. Cependant, l’objet reste très onéreux pour le commun du peuple !

Alors, au XVIIIe siècle, la bougie graduée à clochette est inventée. Les graduations indiquent combien de temps met la bougie pour se consumer, avec un clou planté pour indiquer l’heure du réveil. Quand la cire fond et atteint la graduation voulue, le clou tombe, tire sur une chaînette et fait sonner une petite cloche.

Ce n’est qu’après 1880 que le vrai réveil ‘personnel’ se propage grâce à la fabrication en masse du « réveil de cuisine » : une horloge surplombée de deux cloches et munie d’une poignée pour le garder en cuisine dans la journée et le déplacer jusqu’à la table de chevet, la nuit.

En dépit de toutes ces inventions, le réveil reste un problème préoccupant pour les classes populaires. Alors un nouveau métier voit le jour dans les années 20. Dans des villes, les habitants sortent ‘des bras de Morphée’ (dieu du sommeil) grâce aux toc-toc des knocker-upper, ces veilleurs payés pour les réveiller sur commande. Certains toquent aux fenêtres à l’aide d’une canne, d’autres tirent à la sarbacane.

Dans les cités, les ouvriers se lèvent, eux, au chant ‘doux’ d’une tonitruante alarme collective. Et ce n’est que dans les années 50 que le réveil digital commence à voir le jour pour assurer un début de journée en douceur aux rythmes mélodieux des sonneries personnalisées et des chaines de radio !

 

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