Levez la main droite et dites je le jure !
Nadine Sayegh-Paris
Mais d’où vient cette tradition de lever la main droite pour jurer et qu’en est-il de son apport religieux dans ces sociétés à majorité laïque ?
La main droite et ses origines ancestrales
Lever la main droite, tendre la main droite, lever 3 doigts de la main droite ou tout simplement mettre la main droite sur la poitrine, en voici différentes pratiques de prêter serment mais toujours avec la main droite. À tel point que, lorsque la parole d’un homme était mise en doute, l’on disait encore dans les campagnes : ‘’il n’osera pas lever la main droite’’ !
Mais quelle peut bien être la raison de lever cette main en prêtant serment ? En fait, cette tradition nous vient de loin. Depuis la civilisation mésopotamienne et principalement pendant le règne du roi Hammurabi, sixième roi de Babylone, régnant de l’année 1792 avant JC à l’année 1750 avant JC.
A cette époque, 282 articles étaient écrits dont un qui dit ” La punition pour celui qui falsifie le lait, le miel ou l’huile sera de cautériser l’intérieur de sa main droite avec une tige de métal chauffée au feu sous la forme d’un signe (X)”. Signe nécessaire et suffisant pour faire savoir à la communauté entière que cette personne est malhonnête et un tricheur.
De même pour les Romains ou dans les religions monothéistes, ce sont souvent les mauvais personnages tels les traîtres ou les débiteurs de l’empereur qui se trouvent sur la gauche. Rien que l’origine latine du mot ‘sinistra’, elle reflète le mauvais augure qui va avec. La droite, au contraire, était le côté honorable, associé à la noblesse.
Le Christianisme a ensuite adopté la symbolique romaine droite-gauche, avec d’autant plus de facilité que le judaïsme associe lui aussi le côté droit au côté honorifique.
Les expressions et usages liés à la gauche et la droite ont donc naturellement découlé de ces a priori, jusqu’à lever la main droite pour jurer au tribunal.
Promesse solennelle ou serment religieux
Avec l’avènement du siècle des Lumières et du libéralisme, on cherche à prôner une séparation entre l’Eglise et l’Etat.
En 1883, alors que la question du serment était examinée par les sénateurs, le garde des Sceaux, Paul Devès, se prononce pour une uniformisation de la formule qui sera ‘’je le jure’’ en levant la main droite et ceci devant les tribunaux civils et les tribunaux correctionnels.
En revanche, dans une cour d’assises, le Président s’adresse aux jurés en ces termes : ‘’Vous jurez et promettez devant Dieu et devant les hommes d’examiner avec l’attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre X’’ puis il appelle individuellement chaque juré pour dire ‘’je le jure’’.
Ainsi l’idée de Dieu n’est ni affirmée ni niée. Et la solution finale sera trouvée par l’insertion d’alternatives dans le système des lois en 1916 puis des équivalents en 1971.
Quant au système bancaire, au vu de sa ‘fragilité morale’, les Pays-Bas ont fini par instaurer le ‘serment du banquier’. Entrée en vigueur en 2014, cette loi impose aux cadres dirigeants des établissements bancaires néerlandais de jurer devant Dieu qu’ils agiront “avec intégrité”
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