بالأجنبي

Quel joli pot, pourri !

Nadine Sayegh-Paris

Qui n’a pas admiré ce beau spectacle de Johnny Hallyday présenté à la télé il y a quelque temps pour lui rendre hommage 4 ans après sa disparition.

Et à cette occasion, ses copains ont repris ses plus belles chansons, ont fredonné ses plus beaux airs et ont fini par des pots-pourris pour n’en oublier aucun.

Et dire que l’on utilise cette expression pour en faire des éloges !

En effet, lorsqu’on entend un chanteur reprendre un pot-pourri de ses succès, on ne peut qu’être étonné de la présence du qualificatif pourri contenu dans cette appellation puisque le terme, en lui-même, est bien loin d’être flatteur. Comme le rapporte Georges Planelles : « il s’agit d’un mélange hétérogène qui désigne des choses peu ragoûtantes, extrêmement dégradées et même décomposées »

Le mot, qui apparaît au XVIe siècle, a été repris de l’espagnol “olla podrida” (olla=pot, podrida=pourri), ce plat constitué d’une grande variété d’ingrédients et de spécialités, typique de la ville de Burgos.

Plus tard, Il sera cité dans un passage de Pantagruel de Rabelais. Car, c’est en 1564, sous la plume de ce célèbre auteur, qu’il désigne le ragoût “comprenant plusieurs sortes de viandes et de légumes mélangés”, déversé dans un pot. En fait, au XVIe siècle, “étaient pourris les aliments très ramollis et éclatés à la suite d’un excès de cuisson”. Ce qui était le cas des ingrédients du ragoût.

Aussi les pots-pourris floraux deviennent très en vogue au XVIII siècle en France et en Angleterre, placés dans un pot d’argent ou de porcelaine, pour contenir le mélange et laisser échapper son parfum composé à l’envie : de pétales de fleurs, d’agrumes, de fruits séchés ou même de pins.

Et ce n’est qu’au début du XIXe siècle que l’on généralise le terme “pot-pourri” pour désigner une “musique composée de morceaux issus de sources différentes”, et donc loin d’être pourrie !

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