Greenwich. Un seul temps pour un monde dispersé

Greenwich. Un seul temps pour un monde dispersé
Nadine Sayegh-Paris
Bien que le temps soit universel, son origine est profondément humaine. Car l’heure que nous utilisons chaque jour ne tombe pas du ciel. Elle est le résultat d’un long processus historique, scientifique et politique, dont le point de départ se situe à Greenwich, un quartier de Londres !
Le chaos du temps
Pendant des siècles, chaque ville réglait son heure en fonction du soleil. Midi correspondait simplement au moment où le soleil était au plus haut dans le ciel. Résultat : d’une ville à l’autre, l’heure pouvait varier de plusieurs minutes, voire davantage. Un système qui fonctionnait correctement tant que les déplacements étaient lents.
Le tournant du XIXᵉ siècle
Avec l’arrivée du chemin de fer et du télégraphe, ces différences d’heure commençaient à être problématiques : retards, accidents, confusion dans les horaires. Et Il devint urgent d’unifier le temps !
Mais pourquoi Greenwich
En 1884, lors de la Conférence internationale du méridien à Washington, 25 pays se sont réunis pour choisir un méridien de référence unique pour le monde.
Et le regard se porta sur le méridien de Greenwich. Un choix dont les raisons sont multiples. La majorité des cartes maritimes utilisaient déjà Greenwich comme référence. De plus, à cette époque, le Royaume-Uni était une puissance maritime et scientifique de grande renommée avec un observatoire, l’Observatoire Royal de Greenwich qui jouissait d’une forte crédibilité astronomique. Et Greenwich devint le méridien zéro (0° de longitude).
La naissance du GMT
À partir de là, naît le Greenwich Mean Time (GMT), une heure basée sur la rotation moyenne de la Terre, servant de référence pour calculer les fuseaux horaires dans le monde. Chaque fuseau correspondant à un décalage horaire par rapport à Greenwich, positif ou négatif.
Depuis 1972, le GMT a été remplacé scientifiquement par le Temps Universel Coordonné (UTC), basé sur des horloges atomiques, mais Greenwich reste le repère symbolique, le point d’ancrage du temps mondial à une époque où l’humanité avait besoin de se synchroniser, pour voyager, pour communiquer et surtout pour commercer.



