Anis Ebeid et la révolution du cinéma étranger en Egypte !

Anis Ebeid et la révolution du cinéma étranger en Egypte !
Nadine Sayegh-Paris
Il n’y pas plus simple aujourd’hui aux amateurs de films que de les suivre en VO, sous-titrage ou doublage.
Des appellations qui recouvrent des pratiques bien variées selon l’époque et le lieu, pour rendre accessibles à tout public les films tournés en langues étrangères.
Pourtant, pour en arriver là, le cinéma a traversé bien des révolutions.
Travailleurs de l’ombre
Ainsi, l’internationalisation des films a exigé que les intertitres d’antan, ou ces “cartons” qui transcrivent le dialogue, soient adaptés dans les langues des pays dans lesquels ils sont diffusés. Pratique prévue à partir de 1903 par Pathé, la plus importante société française de production et distribution de son époque, imitée plus tard par sa concurrente Gaumont.
En 1929, avec la généralisation du parlant, le moyen le plus simple pour traduire les films va être l’ajout de textes, puis surviennent les premières expériences du doublage et du synchronisme labial dans les studios hollywoodiens.
Avec elles, de nouvelles professions sont nées. Des traducteurs pour traduire. Des dialoguistes de doublage pour les jouer. Des ingénieurs du son et mixeurs en doublage. Et des opérateurs de machines pour graver les sous-titres.
Anis Ebeid, le pionnier du sous-titrage en Egypte
Au milieu de tous ces remous surgit Anis Ebeid.
Cet ingénieur égyptien dont l’amour du cinéma le pousse à devenir le pionnier du sous-titrage arabe au Moyen Orient.
Déjà en 1912, l’idée de traduire des films étrangers a effleuré l’Italien Leopold Fiorello, résidant en Égypte. Il écrivait sur des panneaux de verre ce que le projecteur allait afficher sur un petit écran à côté de l’écran d’origine. Une méthode vite abandonnée en raison de son coût et de la difficulté de suivre les événements sur deux écrans distincts.
Mais ce jeune Anis qui allait fréquemment au cinéma avec ses amis et passait son temps à leur traduire les dialogues, était avide de trouver des solutions pour remédier à son malaise.
Diplômé d’une maîtrise en ingénierie en France, il invente en 1950 la première machine de traduction vers la langue arabe. De ce fait, il est le 1er à avoir intégrer la traduction arabe sur les films 16 millimètres, en mettant l’écriture en bas de l’écran.
Mais ce n’est pas sans énormes difficultés que Ebeid convainc les cinéastes et les réalisateurs en Égypte de l’idée d’imprimer des sous-titres sur le film, craignant le manque d’intérêt du public !