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De la mer aux cuisines : l’histoire étonnante de l’éponge dans nos foyers

De la mer aux cuisines : l’histoire étonnante de l’éponge dans nos foyers

Nadine Sayegh-Paris

Objet du quotidien souvent ignoré, l’éponge est pourtant le fruit d’une longue évolution. Apparue il y a plus de 2 000 ans, l’éponge est passée d’un objet naturel précieux à un outil ménager banal, indispensable, s’adaptant aux pratiques et aux progrès techniques du quotidien !

Les premières traces de l’usage des éponges remontent à la Grèce antique et à la Rome impériale. Les populations méditerranéennes récoltaient des éponges naturelles (des spongiaires marins), très absorbantes et souples. Elles étaient utilisées pour la toilette personnelle, dans les bains publics, mais aussi pour nettoyer des surfaces ou éponger des liquides.

Les Romains avaient même inventé le tersorium, une éponge fixée à un bâton, utilisée dans les latrines publiques en guise de papier hygiénique. Après usage, elle était rincée dans de l’eau vinaigrée. Une solution ingénieuse et (pour l’époque) hygiénique.

Au Moyen Âge, l’usage des éponges naturelles persiste, mais devient plus rare et coûteux. Réservées aux classes aisées, elles servaient surtout à des fins médicales, religieuses ou d’hygiène dans les monastères. Le peuple, quant à lui, utilisait plutôt des chiffons ou des torchons pour les tâches ménagères.

Avec le développement de l’hygiène domestique au XIXe siècle, les éponges naturelles font leur entrée dans les maisons bourgeoises européennes. On les utilise pour la vaisselle, laver les meubles, ou encore soigner les malades. Importées de Méditerranée, des Antilles ou de la mer Égée, elles deviennent plus accessibles, mais restent un produit semi-précieux, au point d’être offert en cadeau !

C’est dans les années 1930 que tout change. Les scientifiques mettent au point une éponge synthétique, fabriquée à partir de cellulose et de matières plastiques alvéolaires. Résultat : un objet bon marché, standardisé, et surtout disponible en grande quantité.

Dans les années 50, les éponges à double face apparaissent : une partie douce et absorbante, l’autre abrasive. Elles deviennent le symbole des cuisines modernes, accompagnées de slogans publicitaires vantant leur efficacité et leur confort d’utilisation. Et puis, apparaissent les couleurs. Ces couleurs qui permettent de distinguer les éponges selon leur usage pour éviter la contamination croisée. Un code-couleur normalisé est inventé : Rouge pour les toilettes. Jaune, les lavabos. Bleu, les zones générales. Vert, les zones alimentaires. Blanc, les surfaces délicates et noir pour les tâches tenaces.

Aussi, face aux préoccupations écologiques, les éponges évoluent à nouveau. Cet allié incontournable de tous les ménages devient un objet plus responsable. Aujourd’hui, on trouve des modèles compostables, réutilisables, sans plastique ni microfibres polluantes et même antibactériens pour limiter les odeurs !

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