Les croisades, Damas et les pruniers !

Les croisades, Damas et les pruniers !
Nadine Sayegh-Paris
Tomber dans les pommes, couper la poire en deux ou ramener sa fraise, voici quelques expressions où les fruits inspirent le quotidien. Mais de là, à en trouver une en rapport avec Damas ! Et pour cela, il faudrait aller chercher du côté des prunes. Ces fruits dont les noyaux ont été retrouvés dans des sites de l’âge du Bronze en Europe et au Proche Orient .
« Pendant deux cents ans, du XIe au XIIIe siècle, les croisades opposent les chrétiens aux musulmans pour la possession des « Lieux saints » d’Orient. En 1142,le roi de France laisse son armée incendier une église où étaient retranchés 1.300 personnes, mais il a des remords et se confesse à l’abbé Bernard de Clairvaux. Ce dernier va attendre deux ans avant de permettre au roi de se racheter ». Le 23 décembre 1144, la ville d’Edesse, située en Mésopotamie, au nord-est d’Alep, poste avancé des croisés en Syrie, est reprise par les musulmans après un terrible massacre. L’abbé de Clairvaux décide alors de lancer une nouvelle Croisade. Louis VII accepte et prend la route de la Terre Sainte, alors que l’empereur byzantin Manuel Comnène refuse d’apporter son aide et que l’armée germanique subit une lourde défaite contre les Turcs. De ce fait, en 1148, les deux armées réunies sont de nouveau vaincues à Piscidie. D’un fiasco à l’autre, les Croisés rentrent chez eux chargés d’une variété d’arbres, découverte dans les vergers de Damas, les pruniers.
En grec, le prunier s’appelle damaskena. D’où les noms de damassine, damascène ou damezonne que l’on retrouve dans le sud-est de la France. En Suisse, présentée comme une prune de Damas, la damassine est rougeâtre, comme celle de la Damas de Tours. Depuis que la liqueur suisse de prune a obtenu une AOP, elle se fait appeler damasson, cette petite prune produite par le damassinier, un sous-cultivar du prunier de Damas, réputée pour son bicolore, rose-rouge côté soleil et jaune-orange côté ombre.