بالأجنبي

La moutarde lui monte au nez !

Des origines chinoises à nos jours

Nadine Sayegh-Paris

L’impatience l’envahit. La colère le gagne. Il commence à s’énerver et la moutarde lui monte au nez !

En voici une des expressions de grand usage du vocable ‘moutarde’, qui s’avère être aujourd’hui, davantage d’actualités, puisque cet incontournable ingrédient de la table française, le plus consommé en France après le sel et le poivre, est en pénurie, à cause des mauvaises conditions météorologiques du Canada, premier producteur mondial et fournisseur à 80 % des graines achetées par la France : « C’est un dôme de chaleur extrême qui a divisé la récolte par deux, poussant ainsi les autorités à limiter leurs exportations », souligne le communiqué.

Des bienfaits à ne pas négliger !

Qu’elle soit fine ou forte, à l’ancienne, à l’américaine ou à l’anglaise, la moutarde a beaucoup de bienfaits pour la santé. Selon le site « passeport , santé, nutrition »,  elle favorise la croissance des os et des dents, maintient la peau en bonne santé, protège contre les infections, joue un rôle antioxydant et favorise une bonne vision, particulièrement dans l’obscurité ,soigne le rhume, aide à la digestion, soulage les maux de dos, et réchauffe le corps !

De l’Asie à Dijon, capitale de la Bourgogne

Pour avoir su exploiter tous ces bienfaits, la moutarde a marqué les plus anciennes cultures méditerranéennes depuis l’Antiquité.

Les Romains, les Grecs et les Egyptiens la cultivaient déjà. Mais ce sont les Chinois, les premiers, qui ont commencé à broyer les graines il y a 3000 ans afin d’obtenir de la moutarde.

Au XIII° siècle, elle apparaît en France, pour gagner progressivement l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne et plus tard, l’Inde, véhiculée par Vasco de Gama. Présente en 1ère loge à tous les banquets, sa fabrication est réglementée depuis 1390.

Cependant, ce n’est qu’au XVIII siècle qu’un dijonnais Jean Naigeon tente de remplacer, dans la composition de la moutarde, le vinaigre par du verjus, et la renommée de la ‘Moutarde de Dijon’ est née ! Bien qu’avec le temps cette moutarde ne dénombre plus que 4 ou 5 ‘Artisans moutardiers’, sa réputation perdure, au point qu’un jour de 2009, le président américain Barack Obama demande au cuisinier de l’avion Air Force One de lui faire goûter de la moutarde de Dijon. Aussitôt formulé, son souhait est exaucé !

La ville de Dijon lui fait parvenir un colis avec différents pots de moutarde, accompagné de ce mot, du maire de la ville : « J’ai le plaisir de vous adresser une sélection de ce produit, fruit d’une longue tradition et d’un savoir-faire unique au monde, qui vous convaincra, s’il en était besoin, qu’il n’est de moutarde que de Dijon ».

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